Bon fatalement le descriptif (très) général du quotidien des cours est quand même assez long….si vous voulez vraiment tout lire je conseille quand même d’avoir quelques minutes devant vous et de prendre une chaise… ;-)
je suis dans deux universités différentes: Kyambogo et MUBS, ce sont de grands campus avec terre rouge battue au le sol et différents petits bâtiments pour les salles de cours et les départements. La semaine prochaine je pourrai probablement poster quelques photos…
Je m’y rends en Taxi, ou en boda (mais c’est plus cher), alors le taxi ici n’a rien à voir à voir ac les taxi occidentaux. En fait c’est un mini bus pour une 12aine de personnes et il y a des trajets précis et des stations à peu près définie. Bon vaut mieux être attentif qd même et puis bien demander l’endroit où on veut aller parce qu’évidement les directions ne sont pas indiquées et on ne comprend rien à ce que disent les personnes qui les annoncent. Ce n’est pas le conducteur qui annonce les directions il y a quelqu’un dans le taxi qui travaille avec lui et donc fait les annonces et récupère l’argent.Nous muzungu on appelle ce moyen de transport le matatu. Le taxi pour nous étant privé, mais bien sur assez cher et à part les expat’ ou éventuellement les riches ougandais la plupart des gens ne les utilisent pas.
Ensuite il y a aussi la solution boda, ce sont des motos taxi mais privé sur lesquels on peut monter jusqu’à 3 en plus du conducteur (bon évidement à 4 dessus on est qd même hyper serré mais comme je disais les bodas c’est privé donc les 3 passagers l’ont pris ensemble). C’est donc plus onéreux que le matatu mais aussi plus rapide et on évite les embouteillages, c’est le moyen de transport que tout le monde utilise autour de moi (sauf ma tutrice qui donne cours aussi et qui utilise les matatus). Personnellement le boda est un petit luxe (environ 5000UGX pour aller à Kyambogo car c’est loin, par rapport à 1000pr le taxi) je le prends plus rarement pour aller en cours mais je m’y autorise quand je rentre en plein dans les mauvaises heures. Il faut dire qu’il y a une sacrée circulation aux heures de pointes à Kampala !
Kyambogo:
j'y vais deux fois dans la semaine (+une fois pour le club de français) je donne cours à deux groupes différents, l'un deux fois 2h et l'autre une fois 2h.
Pour y aller en sortant du taxi, je dois traverser le quartier de Banda. Un quartier assez excentré, plutôt pauvre mais très agréable, il y a plein de petites shops qui vendent des vêtements de type fripes, des chaussures toutes usées, de vendeurs de bananes, popcorn et cacahuètes sur le trajet. La "route" est pleine de trou (j'ai appris l'expression nid de poule à mes étudiants^^) et les enfants me regardent passer en disant me disant bonjour "hello muzun!". J'ai également un genre de mini restaurant (6 petite tables carrés et un comptoir, le tout entouré de murs en bambou) où j'aime beaucoup aller car je connais maintenant la patronne et comme l'accès est un peu caché, je peux y fumer une petite cigarette discrètement sans tomber sur mes étudiants. Car autant c'est toléré de fumer dans la rue (on ne me dira jamais rien), autant à l'université c'est interdit, et puis les ougandais ne fument pas tellement enfin et surtout ça n'est pas toujours bien vu pour une femme de fumer dans la rue même si je suis occidentale. Je préfère donc d'abord connaître un peu mieux le quartier et que les gens me reconnaissent avant de me faire faire une mauvaise réputation...
Les cours sont principalement axés sur l'oral. les étudiants ont un niveau A2 (voir quasi B1 pr certains), pr ceux qui ne sont pas fletistes cela veut dire en gros que les étudiants comprennent plutôt bien le français à condition que ne parle pas trop vite non plus et que je parle quand même de choses qui leur soient familières, mais l'humour peut passer aussi ce qui rend les choses très agréables.
J'ai deux petits groupes (une 10aine à chaque fois), donc je retiens leurs prénoms et connais mieux leurs caractères. Les étudiants se spécialisent en français, il s’agit d’une université de lettres principalement et ils ont donc des cours comme « linguistique », « grammaire », « civilisation française» etc… La plupart d’entre eux voudraient être professeur de français à leur tour. Nous en sommes encore à la phase d’apprivoisement, pour eux comme pour moi ils faut qu’on s’habitue à un système, à une relation prof/élèves différentes de ce qu’on connait, et nous devons trouver ensemble une atmosphère acceptable pour tout le monde.
Si je dis ça c’est bien parce qu’il a fallu mettre les choses au point très vite…leur apprendre à participer, à être actifs, que l’on apprend une langue en la pratiquant et ne pas hésiter à m’interrompre pour me dire qu’on a pas compris car je suis pas la juste pr leur débiter des choses et rentrer chez moi. Ça parait peut-être bête à dire pour certain mais ici les étudiants sont très passifs et le professeur a un peu la « parole absolue ». Il n’est pas facile de leur expliquer que même si je respecte très bien leur fonctionnement, un cours d’oral où il n’y a que moi qui parle ça ne sert à rien ! donc ça c’était à peu près intégré depuis quelques séances jusqu’à lundi dernier où….il a plu !
Pour la petite histoire je suis arrivée pour mes cours ce lundi matin à 8h (partie de chez moi à 6h30) trempée comme une soupe à cause d’un énorme orage… pour… n’avoir personne en cours !! j’ai attendu plusieurs heures mais un seul étudiant est venu au bout d’une heure ! il a donc fallu mettre les choses au clair et leur expliquer que c’était un grand manque de respect pour moi (surtout qu’ils ont mon numéro de téléphone et vivent sur le campus) et que si on s’arrête de faire cours quand il pleut dans un pays où le principe c’est quand même 2saisons des pluies et 2saisons sèches on s’en sortira pas !bref ils ont pas aimés se faire « disputer » et se sont renfermés…. ;-( mais bon je sais que ça ira mieux très vite, je fais tout pour et je ne m’inquiète pas vraiment pour ça
Dans cette université les cours sont plus difficiles à préparer pour moi. Les étudiants sont débutants et je n’ai pas du tout l’habitude des petits niveaux, de plus ils sont beaucoup plus nombreux (une 30aine) et je dois faire du FOS ‘français sur objectif spécifique), les étudiants se destinent à travailler en hôtellerie ou secrétariat et le français n’est qu’une option dans leur parcours, j’ai de plus un syllabus très précis à respecter. Le cours est couplé avec un cours du soir donné par une professeure de français ougandaise. L’université est moins loin c’est donc plus pratique pour moi, le quartier en revanche n’est pas très intéressant, ou alors peut-être que je n’ai pas encore assez visité…
Je donne 3h de cours le lundi après-midi+ deux fois 1h de club de français.
Le 1er cours fut assez épique, je savais que mes étudiants m’attendaient avec impatience car la professeure les avait prévenu et me l’avait dit. Mais quand ils ont su que je ne leur parlerai qu’en français j’ai vu la panique dans leur regard…et ce que j’avais préparé pour faire un peu connaissance était absolument impossible à faire avec eux. J’ai donc improvisé pendant les 3h de cours, et les étudiants ont fini par se détendre un peu…
Avec eux aussi il a fallu mettre certaines choses au clair : en plus du même principe de participation qu’à Kyambogo, on ne parle pas en mâchant son chewing-gum, on arrive pas une demi-heure avant la fin d’un cours de 3h, non mademoiselle vous ne pouvez pas débarquer juste pour apporter et discuter avec une de mes étudiantes pendant mon cours, la pause dure 10min pas une heure ou encore on ne se lève pas à tout bout de champs pour aller faire pipi ou discuter dehors avec des amis. Au début j’ai vraiment eu l’impression d’être très sévère, mais comme j’explique régulièrement je préfère passer pour quelqu’un de strict et sévère au début et ensuite de détendre l’atmosphère plutôt que l’inverse…
Maintenant les choses se passent plutôt bien avec mes étudiants, nous pouvons plaisanter et travailler en même temps de façon efficace et heureusement ma tutrice (une VI qui est arrivée en même temps que moi) va venir observer mon cours lundi et me donner des conseils ! elle a déjà un peu plus d’expérience de cours et surtout avec les débutants. De plus je me dis que même si c’est un peu plus dur de donner des cours de FOS et à des débutants, au moins je diversifie mes compétences et le gros avantage avec ce niveau c’est qu’on voit vite les progrès de ces élèves et c’est déjà le cas en 3 séances !
Les clubs de français :
En gros le principe c’est que des étudiants se réunissent pour discuter, faire des débats, de la poésie ou même des chansons en français. Ce sont des étudiants qui ont appris ou apprennent encore le français, sont un peu des amoureux de la langue qui ne veulent pas perdre ce qu’ils ont appris et on donc ce moyen pour rester en contact et continuer à pratiquer.
Ce qui est bien c’est que pendant les club je ne suis pas professeure, enfin j’essaie de leur faire comprendre en tout cas, je suis une collègue qui participe au même titre qu’un autre étudiant. Mais j’ai été assez surprise de l’organisation, en effet à MUBS comme à Kyambogo le déroulement est trèès protocolaire. Il y a un président ou vice président qui prend toujours la parole le 1er, un trésorier, un porte parole et vice porte parole un secrétaire etc…. observez par vous-même le déroulement de la 1ère séance à laquelle j’ai assisté à Kyambogo :
Hum…sans commentaires quoi….je m’adapte !
En bref :
Ce qui est vraiment bien avec ce stage c’est que j’ai une personne de référence dans chaque établissement où je travaille, à l’ambassade (bien sûr c’est ma responsable administrative, la COCAC, donc la plus importante), ainsi qu’à Kyambogo et à MUBS, et ces personnes, ces femmes, sont toutes assez disponibles pour moi et me soutiennent, j sais donc que je ne suis pas seule.
Le fait d’être enseignante m’offre quand même un super accès à la vie ougandaise et même si je rechigne un peu à prendre les transports je suis vraiment heureuse d’avoir mon petit univers à moi et donc de pouvoir entretenir des rapports avec les ougandais que ce soit par mes étudiants bien sur, mais aussi avec les rencontres dans le matatu ou dans la rue. Les heures passées au bureau à l’ambassade passent étrangement beaucoup moins vite que celles où je suis en cours…je crois que c’est bon signe…je ne me trompe pas de chemin… ;-)